clocloPhoto du site AlloCiné

34 ans que le "chanteur à minettes" est mort brutalement, il avait 39 ans....On ne présente plus Claude François, en tout cas, l'image qu'on en a tous : paillettes, clodettes, fans déchaînées, costumes colorés, icône d'une certaine jeunesse,....toute une époque !

Mais qui se cachait derrière cette façade bling-bling avant l'heure ?

Florent Emilio Siri a retracé la carrière de cette bête de scène en nous révélant les faces cachées de cette star adulée à son époque.

"Star adulée et businessman, bête de scène et champion du marketing, machine à tubes et patron de presse, père de famille et homme à femmes, qui donc est vraiment Claude François ? " se demande  le magazine Première.

Claude François est avant tout un bourreau de travail, qui n'a qu'un credo : travail, travail et encore travail. Il faut toujours avancer, se renouveler, créer, innover pour être toujours l'idole du public. L'Amérique le fascine, il s'inspire du marketing à l'américaine pour mener sa carrière, il copie les mimiques et les pas de danse des danseuses de James Brown, il est le premier à imposer des danseuses noires sur scène et à la télévision, il devient patron de presse avec "Podium", tout cela pour rester au top, pour qu'on parle de lui, pour être toujours sur le devant de la scène, pour être aimé. Car le chanteur disparu a besoin d'être aimé, reconnu, c'est sa faiblesse, mais aussi ce qui lui donne la force de foncer.

D'où lui vient cette énergie, cette rage de réussir ? Claude a quelque chose à prouver, et à se prouver : prouver à ce père absent, mort après l'exil d'Egypte, qui ne lui a plus adressé la parole quand Claude a décidé de devenir "saltimbaque" et pas banquier....qu'il est lui aussi capable de réussir.

Ce film nous montre aussi le côté sombre de la vedette populaire : il pouvait être séduisant et antipathique, chaleureux et odieux, il pouvait avoir des relations fusionnelles avec ses fans, et virer d'un seul mot un musicien qui avait fait une fausse note.

Je retiendrai de ce film, la composition fascinante et la performance remarquable de Jérémie Rénier, criant de ressemblance, à tel point que je me suis demandée par moment si certaines scènes n'étaient pas des archives de concerts du vrai Claude François; l'acteur a fait un travail titanesque pour s'identifier au chanteur, aussi bien physiquement, que dans les chorégraphies et  les gestuelles. N'oublions pas non plus la composition frappante de Benoît Magimel en Paul Lederman, qui a dû prendre au moins 30 kg pour incarner son personnage.

Je vous encourage à aller voir ce film, on ne s'y ennuie pas du tout malgré les 2h20 de durée. On a tous plus ou moins dans l'oreille les standards qui font encore recette aujourd'hui :"Alexandrie, Alexandra", "Comme d'Habitude".....

Pour terminer, je vous laisse avec cette critique de Marie-Elizabeth Rouchy du Nouvel Obs :

"On peut ne pas aimer les biopics, détester le chanteur, voire reprocher le côté linéaire de sa démarche au réalisateur, on ne peut que saluer l’entreprise tant le film serre au plus près l’intimité du personnage, bosseur fou, artiste visionnaire et personnalité complexe, magistralement incarné par Jérémie Renier. Autour de lui, Benoît Magimel dans la peau de Paul Lederman, Joséphine Japy dans celle de France Gall ou Monica Scattini dans celle de la mère de Claude François contribuent à donner chair à une star dont on connaît tous les standards mais dont on était loin d’imaginer la richesse".