L'auteure :

Audur Ava Olafsdotti est née à Reikjavik en 1958. Elle a fait des études d'histoire de l'Art à Paris, et est actuellement directrice du Musée de l'Université d'Islande.

Rosa Candida est son troisième roman après "Terre relevée" en 1998, et "Pluie de novembre" en 2004.

Rosa Candida a reçu deux prix littéraires en Islande et en France a été finaliste du prix Fémina et du Grand Prix des lectrices de Elle. Il a reçu le Prix des Libraires au Québec. Ce roman a également été traduit en anglais, danois, néerlandais, allemand et espagnol. C'est la première fois qu'il est traduit en français.

Le sujet :

C'est l'histoire d'un jeune homme de 22 ans, Arnljotur, qui quitte son pays, l'Islande de lave et de glaces, pour un monastère d'un continent, plus au sud, où il a été embauché pour restaurer la roseraie. Il quitte la maison en voiture, avec dans son coeur les dernières recommandations de sa mère adorée, morte brutalement dans un accident de voiture, une photo de sa petite fille, Flora Sol, née d'une relation d'un soir avec Anna, l'amour de son père vieillissant et de son frère jumeau autiste, et dans le coffre de sa voiture, des boutures d'une rose oubliée, la rose à 8 pétales, Rosa Candida.

Sa mère lui a légué un héritage, l'amour de l'horticulture et des roses en particulier, et surtout de Rosa Candida. Parti pour redonner vie à un jardin de monastère, Lobbi (surnom affectueux donné par son père), c'est lui-même que le jeune homme va découvrir; ce roman tout en douceur est avant tout une quête initiatique, et fait partie à mes yeux des romans d'apprentissage, genre littéraire, né en Allemagne au 18ème siècle sous le nom de Bildungsroman; le thème principal du roman initiatique est la réalisation d'une ambition et l'accomplissement d'une vie par le héros.

Ce que j'en pense :

En commençant ce roman, on entre dans un monde de douceur, de candeur et de tendresse. Le héros est attachant, on tombe sour le charme de cette histoire, même si elle paraît invraisemblable. Il ne faut pas se poser de questions, il faut la déguster.

Tout est beau dans ce livre, les sentiments, les gens, les paysages. Le parcours de Lobbi est empreint de pureté, de naïveté, d'amour, de passion pour son travail. C'est un conte moderne, dans lequel le jeune homme va se réaliser et se découvrir. C'est un livre pudique et délicat, dans lequel ce "petit Lobbi" un peu naïf, voire simplet, va se révèler à la fin du livre, sensible et intelligent.

Je me suis vraiment laissée emporter par cette histoire, véritable bijou de simplicité, simplicité des sentiments, mais aussi d' écriture. J'ai beaucoup aimé la relation qui s'installe entre Lobbi et le frère Thomas, moine cinéphile et amateur de bons vins; celui-ci, bien que moine, devient son mentor, un peu son père, et va l'aider dans son évolution en distillant de bonnes paroles.

Quelques extraits :

"Chaque fois que papa a besoin de donner du poids à ses paroles, il tire maman de sa tombe pour l'appeler en renfort"

" J'éprouve de l'empathie pour Saint Joseph, il a dû se sentir bien seul sous la couette"

" Il faut regarder la souffrance dans les yeux pour pouvoir partager celle de ceux qui souffrent"

" L'incarnation de ma négligence en matière de contraception me regardait en face".

 

C'est un véritable coup de coeur que je ne peux que vous recommander.

L'avez-vous lu?