prince-d-orchestre

4ème de couverture :

Alors que chaque concert lui vaut un triomphe et qu’il se trouve au sommet de sa gloire, le chef d’orchestre Alexis Kandilis commet une indélicatesse dont les conséquences pourraient être irrémédiables. Sa réputation est ébranlée. Aux déceptions et revers qui s’ensuivent il oppose la certitude de son destin d’exception. Mais les blessures les plus anciennes se rappellent à son souvenir. L’insidieux leitmotiv desKindertotenlieder – Les chants des enfants morts – de Gustav Mahler lui chuchote sans répit le secret qu’il voudrait oublier. La chute est inexorable. Seules l’amitié ou la confiance de quelques proches semblent l’ouvrir à une autre approche de son talent, susciter en lui un homme nouveau, dont la personnalité glisserait de la toutepuissance à la compassion, de l’arrogance à l’empathie profonde. Se dessine peut-être une métamorphose…
Roman haletant, parcours exalté, bouleversé par les véhémences de la musique, Prince d’orchestre est aussi une réflexion sur la part d’imprévisible que contient toute existence, sur la force du hasard et les abîmes de la fragilité humaine, sur les souffrances que convoque, apaise, et souvent transcende l’inépuisable fécondité de l’art.

 

 Mon avis : j'étais entrée chez le libraire pour y trouver "le Turquetto" de Metin Arditi, et j'ai eu la désagréable surprise d'entendre qu'il était en rupture de stock. Il m'a proposé alors cet autre opus du même auteur, paru lui aussi chez Actes Sud.

C'est l'histoire d'un chef d'orchestre génial mais vaniteux, de renommée mondiale, qui sombre de la gloire à l'oubli. Son amour propre hyper-développé, son mépris des "plus bas que lui dans l'échelle sociale", lui qui a l'habitude de vivre dans des palaces somptueux et des hôtels de luxe, sa passion pour la musique et le jeu, vont le plonger dans la décadence à cause d'un grain de sable à la fois extérieur et intérieur.

Seul le soutien d'amis proches, de sa mère, pourraient l'aider à remonter; mais Alexis Kandilis veut le prestige et la reconnaissance de son milieu, il veut une vie de luxe et de luxure, et cela entraîne sa chute rapide.

Sa vie cache une blessure profonde, drame qu'il veut cacher aux autres et à lui-même, et cette blessure va faire de lui un narcissique égocentrique. La présence à un de ses concerts d'un ami d'enfance, va faire remonter les souvenirs à la surface, le grain de sable qui va enrayer la machine.

Dès le premier chapitre, Arditi nous révèle la fin de l'histoire, mais on s'interroge tout au long du livre sur pourquoi et comment, ce grand chef d'orchestre a pu en arriver là, jusqu'à entraîner dans sa chute, des personnes qui l'ont aidé et soutenu.

C'est une interrogation sur les causes d'un destin brisé, sur les faiblesses de l'humain face aux fêlures de la vie.

Le livre est très agréable à lire, les chapitres sont courts, parfois une page seulement, ils insuflent un rythme très dynamique à l'histoire.

Et même si Alexis Kandilis est un personnage désagréable, je vous incite à lire ce livre.

"L émotion que ressentait Kandilis était d'une autre nature. Une émotion feinte? qu'il avait appris à mimer avec talent."

"La blessure n'avait jamais cicatrisé. Elle avait été maquillée par un enrobage clinquant et vulgaire de concerts donnés à tour de bras, de gloriole, d'argent, tout cela suivi et amplifié jusqu'à la nausée par une armée d'obligés." 
"Les chefs d'orchestre sont narcissiques, ce qui est normal. Susceptibles, ce qui est acceptable. Et bien sûr irritables, ce qui est logique. Mais la façon avec laquelle maestro Kandilis traite les musiciens d'orchestre nous oblige à user d'autres mots. Le mépris et la dureté par exemple."